1) "Dieu" est scientifiquement inutile; la science s'en passe et l'hypothèse de son existence n'explique et soulève plus de problèmes qu'elle n'apporte de solutions.
2) "Dieu" est philosophiquement inutile; à la question "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?" l'hypothèse religieuse n'apporte rien: "Nous n'aurons pas expliqué le pourquoi de l'être parce que nous aurons imaginé un être sans pourquoi." (L. Brunschwicg).
3) "Dieu" est moralement impossible: c'est le classique "problème du Mal" qui n'en est un que pour les croyants: pourquoi "Dieu" permet-il le "Mal"? De fait, le "Mal" n'existe pas; n'existe que la souffrance qu'il faut s'employer à supprimer. Quant aux tremblements de terre, nous n'y pouvons rien.
4) "Dieu" est humainement intolérable car son existence nie la Liberté humaine et fait des hommes "ses créatures" (Nietzsche et Sartre ont développé cet argument).
5) Les dogmes religieux sont absurdes et/ou révoltants: péché originel, trinité, métempsychose, valorisation de souffrance, mépris du corps et du plaisir, etc... L'obligation d'y croire malgré leur absurdité (Credo quia absurdum, "Saint"-Augustin) est un moyen pour les religieux de tenter de soumettre les esprits.
6) Les religions sont socialement nuisibles: guerres, Inquisition, fatwas, interdits, incitations à la résignation devant les pouvoirs établis.
7) Les hommes ont créé les dieux et non l'inverse.
8) Et si tout cela ne suffit pas, il reste à clamer avec Sade, Don Giovanni et tel héros de Dostoïevsky: "Même si l'on me prouvait l'existence de "Dieu", je refuserais de m'y soumettre."
Une référence: G. Minois, Histoire de l'Athéisme, Fayard, 1998, 180F
Textes de: M. Onfray, T. Nasreen, B. Russell, P. Alfaric, J. Rostand, J.-P. Sartre, S. Freud, F. Nietzsche, K. Marx, L. Feuerbach .
La suite sur un document annexe: M. Luther, S. Maréchal, et d'autres.
Michel Onfray
Philosophe; il se récame de Nietzsche et de Stirner
La sculpture de soi: la morale esthétique, Grasset, 1993 - Extrait
Athée joyeux et pourfendeur, ennemi de ce qui lie et relie, amoureux passionné de ce qui sépare et creuse des fossés, installe des différences, exacerbe les singularités, le Condottiere est le contraire de l'esprit religieux qui se définit comme un fanatique des liens, donc de garrots et de ligatures. [...] il a décidé d'être radicalement athée en refusant de cristalliser son vouloir en des formes avec lesquelles se constitue le social: la Famille, la Patrie, l'Esprit de Caste, le Social lui répugnent par leur voracité et leur anthropophagie. Tous ces idéaux se nourrissent d'intelligence, de conscience, de raisons singulières pour ne régurgiter qu'un incroyable réseau de fils gluants qui emprisonnent les exceptions, les réduisent et en font des citoyens dociles et soumis. Le religieux conduit à l'émasculation [...].
Le contrat social est l'acte de baptême du religieux en ses formes sociales. Il est hypothétiquement passé, un jour, entre l'individu et la société, puis dépouille en presque totalité le premier au profit de la seconde. [...] La société est une hydre qui promet la paix et donne la guerre [...]
Le Condottiere traite par le rire les religiosités nouvelles: l'Homme ou le Droit, la Loi ou le Peuple, la Nation ou la Patrie. Il sait en revanche qu'il existe une multitude d'hommes, riches et pauvres de leurs diversités [...]. Le monde est divers et ne s'appréhende que dans le chaos, le désordre et l'effervescence. [...]
Dieu, l'Etat, la Race, le Prolétariat, l'Argent furent totems durant de longues décennies. Au pied des fétiches, on a versé du sang, de la sueur, et des énergies. Ridicules et niais, les adorateurs et leurs clercs ont produit des doctrines universalistes à l'aide desquelles ils ont châtré les vélléités singulières et individualistes.
Taslima Nasreen
Pour moi toutes les formes de religion sont anachroniques. Je rêve d'un monde sans religion. Car la religion donne naissance à l'intégrisme comme la graine donne naissance à l'arbre. (L'Evénement du Jeudi, 21.7.1994).
Dès les débuts de la civilisation, la
société et la religion ont gouverné les êtres
humains, et comme les hommes étaient à la tête de la
société et de la religion, ils ont toujours exercé le
pouvoir.
Les femmes, quant à elles, ont certes été
opprimées par la société et par l'Etat, mais c'est
surtout la religion qui leur a infligé les pires humiliations. [...]
Et si l'on
ne souhaite pas donner le jour à des filles aujourd'hui, c'est peut-
être pour qu'elles ne soient pas sacrifiées ainsi, sur le
bûcher des traditions et de la religion. [...]
Si les lieux de culte
anéantissent les liens d'amitié entre les êtres humains,
qu'ils soient tous détruits dans le monde entier: temples,
mosquées, églises, pagodes. L'amitié et les êtres
humains sont plus précieux que les briques et le ciment.
(Extraits de son livre cité dans ma bibliographie, pp. 17, 30 et 98)
Cela me paraît une des plus grandes erreurs, parmi celles répandues en Occident, que d'aller chercher le havre d'autres religions ou superstitions, ou de croire que les philosophies orientales vont résoudre les problèmes nés de la solitude, de la futilité, de la vacuité de la vie dans la société capitaliste, sous le règne du machinisme du monde moderne.
C'est ne pas voir, entre autres, que la religion est à la base de l'arriération et des blocages politiques, économiques, sociaux et culturels du monde indien.
C'est nier la valeur du combat que mènent dans le sous-continent des esprits rationnels, vigilants, humanistes, pour éradiquer cette terrible maladie de l'esprit qui a nom religion.
Car, si elle continue à sévir ainsi, c'est toute la civilisation, tout l'amour de l'être humain pour ses semblables, qui disparaîtra ont bientôt. (" L'opium hindouiste des intellectuels occidentaux", Le Monde, 29.6.1996).
Bertrand Russell (1872-1970)
Prix Nobel de littérature en 1950,
Président d'honneur de l'Union Mondiale des Libres-Penseurs.
Pourquoi je ne suis pas chrétien (1927) - Extrait L'idée de Dieu, avec tous les concepts qui en découlent, nous vient des antiques despotismes orientaux. C'est une idée absolument indigne d'hommes libres. La vue de gens qui, dans une église, s'avilissent en déclarant qu'ils sont de misérables pêcheurs et en tenant d'autres propos analogues, ce spectacle est tout à fait méprisable. Leur attitude n'est pas digne d'êtres qui se respectent. [...] Un monde humain nécessite le savoir, la bonté et le courage; il ne nécessite nullement le culte et le regret des temps abolis, ni l'enchaînement de la libre intelligence à des paroles proférées il y a des siècles par des ignorants.
Prosper Alfaric (1886-1955)
Professeur de dogme dans un séminaire, ébranlé par les déclarations de Pie X contre le "modernisme", en particulier en théologie, il s'est libéré de la foi religieuse en 1909 et a quitté l'église pour militer à la Ligue de l'Enseignement et à l'Union Rationaliste.
De la foi à la raison (1984, Nouvelles éditions rationalistes)
L'idée même de Dieu n'existe pas. Ce n'est pas une véritable idée mais une simple image, obscure et confuse, dont les éléments se heurtent et s'opposent. On aboutit, dès qu'on essaie de la penser et de la préciser, à des contradictions insolubles. Le plus mauvais tour qu'on puisse jouer à un croyant est de lui demander ce qu'il entend par "Dieu". (p.197)
Ainsi, sur le plan de la science pure, qui ramène tout à des enchaînements de causes déterminantes (dont les chercheurs spécialisés ont à déceler le mécanisme) tout, autour de nous et en nous-mêmes, le bien comme le mal, s'explique en principe très naturellement, sans un Dieu créateur et odonnateur du cosmos. Avec lui au contraire, le mal devient inexplicable. (p. 199)
[...] tout ce qui est en nous spécifiquement humain nous vient de notre milieu social. La conscience m'apparaissait de plus en plus non pas comme "l'instinct divin" [...] mais comme la résonnance intérieure des impératifs de toute sorte auxquels l'enfant se trouve constamment assujetti, d'abord au foyer familial par ses parents, ensuite à l'école et à l'église par ses maïtres et son curé, plus tard encore au village et à la ville par tout son entourage.
[...] Un tel idéal [travailler au progrès social] est autrement beau et attirant, autrement réalisable et passionnant que celui qui consiste à se proclamer le très humble servant d'un Etre si parfait qu'il n'a besoin de rien et si mystérieux qu'on ne peut se le représenter sans se heurter à mille contradictions. (p.200-201)
Jean Rostand (?-1977)
Biologiste, Président d'honneur de
La Libre Pensée.
Pensées d'un biologiste (1955, ed. Stock, Paris) Extraits.
C'est la destinée de l'homme de se faire des dieux toujours plus croyables auxquels il croira de moins en moins. (p. 128)
L'homme n'est rien moins que l'oeuvre d'une volonté lucide, il n'est même pas l'aboutissement d'un effort sourd et confus. Les processus aveugles et désordonnés qui l'ont conçu ne recherchaient rien, n'aspiraient à rien, ne tendaient vers rien... Il naquit sans raison et sans but, comme naquirent tous les êtres, n'importe comment, n'importe quand, n'importe où. (p. 100)
L'homme est un miracle sans intérêt. (p. 108)
Il se pourrait, après tout, que le développement de l'intelligence humaine constituât un cas d'orthogénèse nuisible, comme le développement de la ramure chez certains cerfs. (p. 109)
Si nous avons une âme immortelle, il faut qu'il y en ait une aussi dans les infusoires qui habitent le rectum des grenouilles.
Ne pas croire qu'une chose existe parce qu'il serait trop horrible qu'elle n'existât pas: il n'y a pas de preuve par l'horrible. (p. 110)
Jean-Paul Sartre
Exister c'est être là, simplement; les existants apparaissent, se laissent rencontrer, mais on ne peut jamais les déduire. Il y a des gens je crois qui ont compris ça. Seulement ils ont essayé de surmonter cette contingence en inventant un être nécessaire et cause de soi. (La Nausée, p. 185)
L'Eglise est une putain: elle vend ses faveurs aux riches. (Le Diable et le Bon Dieu, 1951)
Quand une fois la liberté a explosé dans une âme d'homme, les dieux ne peuvent plus rien contre cet homme-là, et c'est aux autres hommes, à eux seuls, qu'il appartient de la laisser courir ou de l'étrangler. (Les Mouches, 1943).
L'existentialisme est un humanisme (1945, ed. Folio-Gallimard, 1996)
L'existentialisme n'est pas autre chose qu'un effort pour tirer toutes les conséquences
d'une position athée cohérente. Il ne cherche pas du tout à plonger l'homme dans le désespoir. Mais si l'on appelle comme les chrétiens, désespoir, toute attitude d'incroyance, il part du désespoir originel.
L'existentialisme n'est pas tellement un athéisme au sens où il s'épuiserait à démontrer que Dieu n'existe pas. Il déclare plutôt: même si Dieu existait, ça ne changerait rien; voilà notre point de vue. Non pas que nous croyions que Dieu existe, mais nous pensopns que le problème n'est pas celui de son existence; il faut que l'homme se retrouve lui-même et se persuade que rien ne peut le sauver de lui-même, fût-ce une preuve valable de l'existence de Dieu. En ce sens, l'existentialisme est un optimisme, une doctrine d'action, et c'est seulement par mauvaise foi que, confondant leur propre désespoir avec le nôtre, les chrétiens peuvent nous appeler désespérés. (pp. 77-78, fin de l'exposé)
Qu'est-ce que signifie ici que l'existence précède l'essence? Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. L'homme tel que le conçoit l'existentialiste, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir. L'homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. (pp. 29-30)
[...] ces hommes sont libres et [...] ils décideront librement demain de ce que sera l'homme; demain, après ma mort, des hommes peuvent décider d'établir le fascisme, et les autres peuvent être assez lâches et désemparés pour les laisser faire; à ce moment-là, le fascisme sera la vérité humaine, et tant pis pour nous; en réalité, les choses seront telles que l'homme aura décidé qu'elles soient. (p. 50)
Sigmund Freud (1856-1939)
L'avenir d'une illusion (1928, trad.fr. PUF, 1980) - Extraits
Pensez au contraste attristant qui existe entre l'intelligence rayonnante d'un enfant bien portant et la faiblesse mentale d'un adulte moyen. Est-il tout à fait impossible que ce soit justement l'éducation religieuse qui soit en grande partie cause de cette sorte d'étiolement? Je crois qu'il faudrait longtemps avant qu'un enfant à qui l'on n'en aurait rien dit commençât à s'inquiéter de Dieu et des choses de l'au-delà.[...] on lui impose les doctrines religieuses à un âge où il ne peut leur porter intérêt et où il n'est pas capable d'en saisir la portée. Les deux points principaux des programmes pédagogiques actuels ne sont-ils pas de retarder le développement sexuel de l'enfant et de le soumettre de bonne heure à l'influence de la religion? Quand alors l'enfant s'éveille à la pensée, les doctrines religieuses sont déjà devenues pour lui inattaquables. [...] Nous n'avons pas à nous étonner outre mesure de la faiblesse intellectuelle de quiconque est une fois parvenu à accepter sans critique toutes les absurdités que toutes les doctrines religieuses comportent et à fermer les yeux devant les contradictions qu'elles impliquent. (p. 67).
Malaise dans la civilisation (1929; trad.fr. PUF, 1979)
Cette providence, l'homme simple ne peut se la représenter autrement que sous la figure d'un père grandiosement magnifié. [...] Tout cela est évidemment si infantile, si éloigné de la réalité, que, pour tout ami sincère de l'humanité, il devient douloureux de penser que jamais la grande majorité des mortels ne pourra s'élever au-dessus de cette conception de l'existence. (p. 17)
[...] des êtres humains s'efforcent ensemble et en grand nombre de s'assurer bonheur et protection contre la souffrance au moyen d'une déformation chimérique de la réalité. Or les religions de l'humanité doivent être considérées comme des délires collectifs de cet ordre. Naturellement, celui qui partage encore un délire ne le reconnaît jamais pour tel. (p. 27).
Sa technique [il s'agit de la religion] consiste à rabaisser la valeur de la vie et à déformer de façon délirante l'image du monde réel, démarches qui ont pour postulat l'intimidation de l'intelligence. A ce prix en fixant de force ses adeptes à un infantilisme psychique et en leur faisant partager un délire collectif, la religion réussit à épargner à quantité d'êtres humains une névrose individuelle, mais c'est à peu près tout. [...] Quand le croyant se voit en définitive contraint d'invoquer les "voies insondables de Dieu", il avoue implicitement que, dans sa souffrance, il ne lui reste, en guise de dernières et uniques consolation et joie, qu'à se soumettre sans conditions. (p.31).
Friedrich Nietzsche
La Volonté de puissance
L'homme est un animal qui vénère.
Je considère le christianisme comme la plus néfaste des séductions et des mensonges, le grand mensonge et le blasphème par excellence. (aph. 433)
Ni Dieu ni homme au-dessus de moi désormais. (aph. 426)
La religion est née d'un doute relatif à l'unité personnelle, elle est une altération de la personnalité. Dans la mesure où tout ce qui est grand et fort était conçu par l'homme comme surhumain, comme étranger à lui-même, l'homme se diminuait. [...] La religion a avili la notion de "l'homme"; sa conséquence extrême est que tout bien , toute grandeur, toute vérité, est surhumain et donné par grâce." (aph. 324)
Dès que l'on ne croit plus en Dieu ni à la destinée de l'homme dans l'au-delà, c'est l'homme qui devient responsable de tout ce qui vit, de tout ce qui, né dans la douleur, est voué à souffrir de la vie.
Zarathoustra
Ils auront abandonné les contrées où la vie est dure; car on a besoin de chaleur.
On aimera encore son prochain et l'on se frottera contre lui, car il faut de la chaleur [...]
Un peu de poison de temps à autre; cela donne des rêves agréables. Et beaucoup de poison pour finir, afin d'avoir une mort agréable.
On travaillera encore, car le travail distrait.
Mais on aura soin que cette distraction ne devienne jamais fatigante. [...]
On sera malin, on saura tout ce qui s'est passé jadis; ainsi l'on aura de quoi se gausser sans fin.
On se chamaillera encore, mais on se réconciliera bien vite, de peur de se gâter la digestion.
On aura son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit; mais on révérera la santé.
"Nous avons inventé le bonheur" diront les Derniers Hommes, en clignant de l'oeil.
Karl Marx
Cet Etat, cette société produisent la religion, conscience inversée du monde, parce qu'ils sont eux-mêmes un monde à l'envers. La religion est la théorie générale de ce monde, sa somme encyclopédique, sa logique sous forme populaire, son point d'honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément solemnel, sa consolation et sa justification universelles. Elle est la réalisation fantastique de l'être humain, parce que l'être humain ne possède pas de vraie réalité. Lutter contre la religion c'est donc indirectement lutter contre ce monde-là dont la religion est l'arôme spirituel.
La détresse religieuse est pour une part l'expression de la détresse réelle et pour une autre la protestation contre la détresse réelle. La religion est la détresse de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans coeur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple.
L'abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l'exigence que formule son bonheur réel. (Critique de la philosophie du droiut de Hegel, 1843).
La Haute-Eglise d'Angleterre pardonnera bien plus facilement une attaque contre 38 de ses 39 articles de foi que contre 1/39 de ses revenus. (Le Capital I 1867)
Les principes sociaux du christianisme ont justifié l'esclavage antique, magnifié le servage médiéval et s'entendent également, au besoin, à défendre l'oppression du prolétariat, même s'ils le font avec de petits airs navrés.
Les principes sociaux du christianisme prêchent la nécessité d'une classe dominante et d'une classe opprimée et n'ont à offrir à celle-ci que le voeu pieux que la première veuille bien se montrer charitable.
Les principes sociaux du christianisme placent dans le ciel le dédommagement de toutes les infamies [...], justifiant par là leur permanence sur cette terre.
Les principes sociaux du christianisme déclarent que toutes les vilenies des oppresseurs envers les opprimés sont, ou bien le juste châtiment du péché originel et des autres péchés, ou bien les épreuves que le Seigneur, dans sa sagesse infinie, inflige à ceux qu'il a rachetés.
Les principes sociaux du christianisme prêchent la lâcheté, le mépris de soi, l'avilissement, la servilité, l'humilité [...] (Sur la religion, Ed. sociales, pp.82-83)
Ludwig Feuerbach (1804-1872)
Les temps modernes ont eu pour tâche la réalisation et l'humanisation de Dieu -- la transformation et la résolution de la théologie en anthropologie. (Principes de la Philosophie de l'avenir, 1843)
Notre tâche est précisément de démontrer que l'opposition du divin et de l'humain est illusoire, c'est à dire qu'il n'y a qu'opposition entre l'essence humaine et l'individu humain, partant que l'objet et le contenu de la religion chrétienne sont eux aussi, totalement humains (Essence du christianisme, 1841)
Je nie Dieu, cela signifie pour moi: je nie la négation de l'homme. [...]
La question de l'existence ou de la non-existence de Dieu est seulement chez moi la question de l'existence ou de la non existence de l'homme. (Essence de la religion, 1845)
Merci de vos suggestions pour compléter cette sélection.
B. Courcelle
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