Réflexions philosophiques et religieuses, 2ième partie

B. Courcelle

Mots-clefs de ce document:

Religion, Secte, Opus Dei,
Dignité, Tolérance,
Catéchisme, Bon sens, Théologie,
Embryon, Guerre, Euthanasie,
Relativisme, Droits de l'Homme, Matérialisme.

Première partie du document.

Aphorismes et remarques diverses

Handicap

La religion est la béquille des esprits infirmes.

Tourisme

Les monuments religieux en tout genre, tant prisés des touristes qui cherchent désesperément à fuir l'ennui en se fabriquant des souvenirs de vacances photographiques qui encombreront leurs tiroirs, sont la marque visible, bâtie et sculptée dans la pierre (ou le béton) de l'asservissement des hommes à la caste des prêtres.

Assassinats

Les religions ont tué et continuent à tuer, des personnes (inquisition, guerres de religions, croisades) et des cultures (missions en Océanie).

La preuve par Jean-Paul I.

Le "Saint-Esprit" est censé inspirer les cardinaux lorsqu'ils choisissent un pape. Jean Paul I est mort un mois après avoir été élu (1978). Donc le "Saint-Esprit" n'existe pas.

Deux problèmes de Théologie

1: les embryons congelés: La dernière session de l'Académie pontificale Pro Vita a donné lieu à un vif débat sur l'attitude chrétienne face aux embryons congelés. Considérant l'obligation morale de les baptiser, et la nécessité (?) pour ce faire de les décongeler, certains académiciens se sont demandés s'il ne convenait pas de revoir certains points de doctrine. En effet, sauf à être développés in vitro, les embryons décongelés sont promis à une mort certaine. D'autres académiciens ont proposé de les placer dans une solution physiologique, après leur avoir administré le baptême et de les laisser terminer paisiblement (!) leur courte vie. Afin d'éviter une nouvelle crise au sein de l'Académie, le débat a été renvoyé à la session de 1998. [Dépêche 97/ 0178 du Réseau Voltaire, 18.3.1997; reproduction autorisée avec mention de la source.]

2: le péché originel des extra-terrestres: "La question primordiale, à laquelle il est difficile de répondre est la suivante: si ces êtres [des martiens éventuels] existent , sont-ils des descendants d'Adam et Eve et dans ce cas , sont-ils entachés du péché originel? Ou alors sont-ils dans un état de grâce, n'ayant pas eu besoin de la passion du Christ?" (Osservatore Romano, d'après Golias 55 de juillet 97, p. 13). On rappelle que les Raéliens prétendent que la vie sur Terre vient des extra-terrestres. Ici, on envisage que les martiens descendent d'Adam et Eve, ou pire, qu'ils n'aient pas besoin de "rédemption"!

Science et "foi".

Sur un site personnel, une lettre d'un jésuite expliquant comment il utilisait ses connaissances scientifiques pour faire admettre à l'Empereur de Chine sa compétence supérieure et lui faire accepter la théologie.
Voir aussi l'article de H. Broch dans Sciences et Avenir, no hors-série de juin 1995 sur les pseudo-sciences expliquant un certain nombre de "miracles": phénomènes naturels, réactions chimiques, statues avec mécanismes internes destinés à impressionner les foules, etc... .
Je prépare un dossier sur les "convergences science et religion", forme d'obscurantisme à la mode particulièrement perverse qui se masque (mal) sous la feuille de vigne de la "tolérance".

Euthanasie.

Bob Dent est un australien atteint d'un cancer incurable, qui a pu bénéficier à 66 ans d'une mort douce grâce à la loi en vigueur dans le Territoire-du-Nord, en Australie. (Une loi semblable existe aux Pays-Bas.) Il a écrit le 21.9.1996:
Le fait de ne plus pouvoir vivre une vie normale créée une souffrance psychologique qu'aucun médicament ne peut soulager. L'Eglise et l'Etat doivent rester séparés. De quel droit quelqu'un peut-il exiger de moi, au nom de ses croyances religieuses (que je ne partage pas), que je me plie à ses règles en attendant qu'un médecin omniscient décide que j'ai suffisamment souffert et me prescrive une dose mortelle de morphine. Si vous êtes contre l'euthanasie volontaire, n'y ayez pas recours, mais ne me refusez pas le droit de m'en servir si je le veux et quand je le veux. (The Australian, cité par Courrier International no 312, 24.10.1996)
Je partage totalement ce point de vue. Voir l'ouvrage Pour une mort plus douce et l'adresse de l' Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.

Relativisme

Il est de bon ton de s'émouvoir des déclarations de J. Chirac sur la relativité des Droits de l'Homme. Et pourtant les différentes Déclarations des Droits de l'Homme sont des productions humaines, et sont donc reflètent des époques et des cultures particulières.
Aucune "loi morale" ou "loi naturelle" ne peut leur conférer de caractère absolu. Affirmer un quelconque caractère absolu, c'est faire comme Moïse, prétendant que ses 10 commandements lui ont été dictés par "Dieu", stratagème destiné à les faire respecter par les Hébreux.
Refuser aux Droits de l'Homme tout caractère absolu, n'empêche pas d'en faire un principe fondamental d'action personnelle (électorale, professionnelle), de politique intérieure (contrôle de la police) et de politique extérieure (refus de tout soutien aux régimes policiers, voire intervention militaire pour les chasser).
S'ils n'ont pas de caractère absolu, il n'en est que plus important de les défendre activement. Car l'Histoire n'a que le sens qui résulte de ce que font les hommes; le "Progrès" n'est pas une loi historique, qui nous entraînerait nécessairement dans le "bon sens" comme la gravitation entraîne les objets vers le sol.
Les futures Déclarations des Droits de l'Homme incluront peut-être le droit à l'homosexualité, à l'euthanasie, à l'avortement, et rejetteront la propriété privée des biens limités (sol, ressources du sous-sol) et des ressources vitales telles que l'eau.
Chaque déclaration affirme l'universalité des principes qu'elle énonce, de même que beaucoup de religions affirment leur vocation à réunir tous les hommes (et envoient des missionnaires pour étendre leur influence). Cette universalité ne sera réelle que lorsqu'une justice et une police mondiales la mettront en oeuvre. Pour l'instant, elle n'est que morale, et vise à influer sur les gouvernements.

La Justice, la Beauté, la Vérité, "Dieu" sont des créations conceptuelles humaines, bien évidemment relatives aux différentes cultures. Lorsque les hommes auront disparu de la Terre, ces concepts auront disparu avec eux. Ils n'auront pas plus d'existence et de sens que le vide n'a de couleur ou d'odeur. L'oeuvre d'art n'en est une que dans l'esprit des gens qui la regardent ou l'écoutent.

Matérialisme

Le projet d'un grand nombre de philosophes (Voltaire, Kant, Hegel, Bergson,...) semble avoir été de protéger la religion de sa dissolution par le matérialisme. Voir mes citations de penseurs athées.

Mise à jour le 1 décembre 1998. Retour à la première partie.



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