Pamphlets Antireligieux:

I Les Surréalistes


En cours de construction. Version du 9 janvier 2000.

Préambule:

J'ai toujours parié contre Dieu, et le peu que j'ai gagné au monde n'est pour moi que le gain de ce pari. Si dérisoire qu'ait été l'enjeu (ma vie) j'ai conscience d'avoir pleinement gagné.
Tout ce qu'il y a de chancelant, de louche, d'infâme, de souillant et de grotesque passe pour moi par ce mot: "Dieu"
André Breton, Dictionnaire Abrégé du Surréalisme,
1938, rééd. J. Corti 1995.

Avertissement: Les textes ci-dessous sont présentés à titre documentaire. Je n'approuve pas toutes les "actions" proposées. Un autre document présente les principaux arguments contre les religions.

R. Magritte et P. Nougé, L'action immédiate, 1934

Nous sommes persuadés que ce qui a été fait contre la religion est resté à peu près inopérant et que de nouveaux moyens d'action doivent être envisagés [...]
 Pour ne pas perdre de temps il faut viser à la tête, propager l'histoire scandaleuse des religions, rendre la vie impossible à de jeunes curés, contribuer au discrédit de tous les organismes et sectes du genre "Armée du Salut", Evangélistes, etc..., en les ridiculisant par tous les moyens que l'imagination permet. Songez combien il serait grisant de pouvoir proposer à la meilleure partie de la jeunesse la perturbation bien préparée et systématique des saints offices, baptêmes, communions, funérailles, etc... L'on pourrait aussi substituer au calvaire que l'on rencontre sur les routes des images invitant à l'amour [...].

(Reproduit dans N. Godin, Anthologie de la subversion carabinée, L'Age d'Homme, 1988, 800p.)


Comment accomoder le prêtre, J. Koppen, 1929


[...] Les chroniques des tribunaux, à la fin du XIXième siècle, étaient vraiment réconfortantes à parcourir. Dans la seule année 1879, 242 condamnations, souvent importantes, ont été prononcées contre des prêtres:
Le F. Raymond [...] qui sodomisait des petits garçons, est condamné à 8 ans de travaux forcés;
le F. Séraphin [...] aux travaux forcés à perpétuité, "son orphenlinat était un sérail de mignons, la plupart des orphelins sodomisés avaient contracté des maladies vénériennes"; [...] le Révérend P. Cailletoz [...] 4 mois de prison, parce que, sous prétexte de conseiller les nourrices il les têtait, et 10 ans de réclusion à Mgr Maret, camérier secret du pape, [...], président de l'Archiconfrérie de l'Immaculée Conception, pour avoir "communiqué une maladie vénérienne à une petite fille dont il venait d'enterrer le père; on a trouvé chez l'inculpé une collection de poils soigneusement étiquetés au nom de ses plus illustres pénitentes."

[...] Mais depuis 50 ans, les curés ont bien changé; la preuve en est qu'ils ne sont plus poursuivis par les tribunaux; aussi sont-ils pour tout le monde, comme les agents, de braves gens et comment ne le seraient-ils pas puisque la presse ne parlera jamais de leurs condamnations, que les juges ne prononceront jamais, d'ailleurs [...]

Personne ne sait que les enfants de coeur sont toujours âgés de 8 à 14 ans, âge qui se distingue moins par la fermeté de ses convictions que par celle de ses fesses. Mais moi, je sais que, quand j'avais 12 ans, un de ces porcs m'a poursuivi dans tous les tramways, m'a attendu à chaque sortie du lycée, jusqu'au jour où je lui ai écrasé quelques orteils d'un coup de talon.

Ce qui caractérise la politique laïque de ces dernières années, ce sont les reprises des relations avec le Vatican et le retour des Congrégations; les curés et les républicains ont attendu notre époque pour s'apercevoir qu'ils poursuivaient les mêmes buts. Les missionnaires sont apparus aux gouvernements comme supérieurement doués pour, dans les colonies, torturer, abrutir, et avilir à la française, aussi voit-on M. Briand suivre avec émotion l'enterrement de Son Immondice le Cardinal Dubois [...]

A notre époque de "concorde", entre les ennemis de toutes les libertés, les prêtres, ces avilisseurs professionnels, ont toutes les facilités pour amener les hommes au degré d'abrutissement qui les rend si maniables, entre les mains des Foch, Poincaré, Chiappe, Citroën, pour faire aller les ouvriers, chaque dimanche après 6 jours de prison, dans leurs églises, apprendre la résignation; dans leurs patronnages préparer la guerre; dans leurs syndicats, préparer la trahison; la plupart des ouvriers n'éprouventvis à vis de la religion, qu'une indifférence qui indique qu'il n'y aura pas de place pour elle dans l'Etat Ouvrier; mais, vis à vis des principaux agents de leur asservissement, seule la haine la plus inexorable est efficace. D'ailleurs, tous ceux qui n'entravent pas l'action religieuse par tous les moyens et à chaque occasion, s'approcheront bientôt de la Sainte-Table. Il est plus facile de laisser aller pour sa tranquillité, sa femme à la messe et ses enfants au patronage, mais ce n'est pas le moyen de faire comprendre aux prêtres que leur clientèle n'est faite que de leurs patrons et de leurs valets, de débiles mentaux et de cadavres et que tout ce qui est vivant vomit à leur face pourrie leur "Jésus", leur Dieu, leur Ciel.
Chaque fois que dans la rue vous rencontrerz un serviteur de la Putain à Barbe de Nazareth, vous devez l'insulter sur ce ton qui ne laisse aucun fdoute sur la qualité de votre dégoût. D'ailleurs, si votree bouche ne déborde pas pas d'insultes à la vue d'une soutanez, vous êtes digne d'en porter une.
[...] ces Messieurs ne doivent pas vivre en paix dans leurs repaires; il importe d'entretenir constamment autour d'eux une atmosphère de haine qui soit à la mesure de leur abjection et leur fasse prévoir (ils en veulent des martyrs) une épouvantable fin.

Voler les objets sacrés, souiller les églises, sont les actions essentielles les plus aptes à créer cette atmosphère [...] Nous ne négligeons pas cependant, les crucifix, qui sont les poignées toutes désignées des chaïnes de vidange de nos WC; les ciboires contiennent le papier hygiénique, les reliques sont dans les "lieux" du plus bel effet ornemental.

Ces trois sacrilèges: insulter les prêtres, souiller les églises, voler les objets sacrés, doivent être les trois principales actions habituelles d'un homme probe, quand son activité se tourne vers la religion [...]
On peut, par exemple, comme cela se fit logtemps à N.D.-des-Champs, tirer plusieurs fois dans la nuit la sonnette pour les Saints-Sacrements: à la fin le bedeau ne se dérange plus et quelques croyants, au désespoir de leur famille, crèvent sans être munis des Excréments de l'église. [...]

Tout ce qui est fait contre les curés étant bien fait, ce n'est que la volonté de leur nuire qui peut manquer; que tous ceux qui n'ont pas cette volonté aient la face couverte de nos crachats.


Jean Koppen, dans La Révolution Surréaliste no 12, 1929, pp. 30-31 (Réédition des 12 numéros de la Révolution Surréaliste, 1924-1929, ed. Jean-Michel Place, 1975)



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