La France est-elle toujours laïque?
La Mairie de Paris finance les calotins


 

B. Courcelle, mise à jour: 28 juin 1998

Les informations qui suivent sont extraites du bimestriel catholique contestataire GOLIAS no 60 de mai 1998 ("Comment Tiberi arrose les lobbies cathos") et de Charlie Hebdo.

L'arrivée de conseillers d'opposition au Conseil Municipal de Paris en 1995 a permis de mettre à jour quelques trucages, astuces et pots-aux-roses, par lesquels la Mairie de Paris finance toutes sortes d'associations religieuses.

L'Association diocésaine a cumulé trois subventions sous trois casquettes:
Au titre de l'association Trésors de Paris qui organise des garderies l'hiver pendant lesquelles les enfants fabriquent des personnages de crèches: 250 000 F attribués en octobre 97; ces activités avaient concerné 600 enfants en 1996 et n'en concernent plus que 450 en 1997; l'encadrement est bénévole et les parents doivent en plus payer!
Art, Culture et Foi est une autre association du même genre qui a obtenu 170 000 F pour la "promotion des activités culturelles et artistiques liées à la foi religieuse catholique". La culture est l'argument standard utilisé pour "contourner" la loi de 1905 qui interdit de subventionner les cultes. Il avait été utilisé par J. Lang pour contribuer à la construction de la cathédrale d'Evry.
L'Association diocésaine a reçu en son nom propre 10 500 000 F pour des restaurations d'églises, sans même fournir un devis, et sans justifier de l'utilisation des subventions accordées les années précédentes.

La Colline aux enfants a obtenu 1 600 000 F pour placer une trentaine d'enfants chez des bourgeois du XVI ième.

Une kyrielle d'associations anti-IVG sont régulièrement subventionnées: Grossesse-secours, 190 000 F en 1995 ("information" des femmes demandant des IVG), CLER, 38 000 F en 1994 (propagande anti-IVG auprès des médecins, longtemps animée par J. Lejeune), Alliance nationale population et avenir, 26 000 F en 1994, Vie et liberté (13 800 F par an, entretiens pré("anti")-IVG). Les Associations Familiales Catholiques (proches du FN et de De Villiers) et Les enfants d'abord (fondée par J. Lejeune) bénéficient de soutiens en nature.

L'Association Sainte-Clotilde avait obtenu des subventions en 1996 pour organiser des pélerinages à Chartres. (Charlie-Hebdo en avait parlé, il faut que je cherche dans mes archives.)

Par ailleurs, je rappelle que en 1997 à l'occasion des JMJ: "La Mairie de Paris a renoncé à percevoir le moindre loyer pour l'occupation de l'hippodrome de Longchamp, du Palais omnisport de Bercy, etc... soit une offrande de plusieurs dizaines de millions" (Canard Enchaîné, 30.7.1997) et que le nettoyage du Champ de Mars et de Longchamp après le passage des troupeaux JMJistes a coûté environ 700 000 F à la Mairie de Paris, malgré les promesses d'autofinancement faites par les organisateurs (Charlie-Hebdo, 12.11.1997).

La Mairie de Paris ne finance pas que les catholiques. Charlie-Hebdo du 24.12.1997 explique que la secte juive des Loubavitch a bénéficié en 1995 de subventions et de garanties publiques pour financer un groupe scolaire pour 1800 élèves dans le XIXième arrondissement: garantie d'emprunt de 10 MF par la ville de Paris; vente de terrain à prix sous-évalué. D'où un communiqué officiel des Loubavitch appellant à voter Chirac en 1995.
Le 4 juillet 1997, sous la responsabilité de Tiberi, une garantie de 20 MF est accordée, à Jeunesses Loubavitch dont la santé financière est de surcroit mauvaise. Ajoutons que ces écoles ne respectent pas les congés légaux du 1er et du 8 mai, alors que pour recevoir des subventions publiques, une école privée doit aux termes de la loi de 1959 être ouverte à tous et respecter la laïcité (?).


Toutes ces subventions ne sont pas illégales. L'entretien des églises bâties avant 1905 est à la charge des pouvoirs publics.
Le social et la culture sont des terrains favoris pour le prosélytisme et fournissent des alibis permettant de se protéger de l'application de la loi.

Que faire ?

Les contribuales parisiens devraient attaquer la Mairie pour subventionnement illégal.
Il faut bien sûr examiner les choses de près. C'est sans doute le financement du pélerinage de Chartres et les soutiens aux Loubavitchs qui sont les violations les plus flagrantes de la loi de 1905.

Rappellons que des subventions illégalement attribuées pour la tournée du pape en 1996 ont été annulées par les tribunaux sur plainte de contribuales.
(A savoir: les associations ayant attaqué en justice pour ce motif ont été déboutées, mais pas les particuliers, au moins dans deux cas, à Reims et en Vendée).


  
Pour m'écrire et retourner au
Sommaire
Bibliographie personnelle