Le Festival International du Film d'Histoire est organisé tous les ans à Pessac (banlieue de Bordeaux). Sa huitième édition (18-24 novembre 1997) avait pour thème "Des Dieux et des Hommes". 58 long-métrages ont été présentés (dont Viridiana, La Voie Lactée, Thérèse, La Dernière Tentation du Christ, Le Destin, La Terre des Pharaons, etc ...) ainsi que des documentaires. Des débats ont été organisés. J'ai pu assister à trois d'entre eux, sur "Les intégrismes", la "Laïcité, version française", et "Le XXIième siècle sera-t-il laïque?"
Le débat sur le XXIième siècle sera-t-il laïque?, dont je donne un compte rendu détaillé (rédigé après audition de l'enregistrement que j'en avais fait) était organisé par Le Monde et dirigé par H. Tincq, responsable de la rubrique "Religions". Il marquait la conclusion du festival. Etaient invités J.-L. Schlegel (Rédacteur en chef de "Esprit" et sociologue des religions), J. Vernette (Professeur à l'Institut catholique de Toulouse, Vicaire général, délégué par l'épiscopat aux sectes et nouvelles religions, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet), P. Eyt (Cardinal et archevêque de Bordeaux) et B. Etienne (Professeur de sciences politiques et directeur de l'Observatoire du Religieux à Aix-en-Provence, auteur de plusieurs ouvrages sur l'Islam en France).
Compte-rendu aussi objectif que possible.
En introduction et constatant l'affluence (la salle était pleine
une demi-heure avant le début du débat) H. T. fait observer
que, il y a 20 ans, la politique passionnait et la religion faisait hausser
les épaules, alors que maintenant c'est l'inverse. Le ton est donné:
dans ce débat, la laïcité ne sera conçue que comme
le vide laissé (éventuellement) par les religions anciennes
et nouvelles. D'ailleurs, sa présentation dans le programme du festival
indiquait: "Il s'agit de mesurer prospectivement le rôle ravivé
des religions établies et des nouvelles religiosités à
l'aube du nouveau millénaire." Introduisant ses invités, H.T.
pose la question: "Quelle laïcité va-t-on inventer au XXIième
siècle? Une laïcité un peu fermée [...], une laïcité-citadelle
ou bien une laïcité ouverte à la pluralité des phénomènes
religieux avec tous les risques que cela comporte?"
J.-L. Schlegel décrit l'évolution récente des pratiques et idées religieuses. Il insiste sur une tendance identitaire (retour aux traditions et à des observances strictes des interdits et des rites, affirmation ouverte de la pratique religieuse, développement des sectes et des intégrismes), sur l'individualisme religieux (choix de liturgie, acceptation de tel dogme et refus de tel autre, religiosité "à la carte"), sur une conception thérapeutique et syncrétique de la pratique religieuse (méditation pour lutter contre le stress, croyance en la réincarnation pour vaincre l'angoisse de la mort, attrait des "sagesses" orientales). "Le christianisme sera-t-il submergé par la concurrence des autres religions et des sectes?" Ou au contraire assistera-t-on à un "sursaut" chrétien et juif en particulier, à un retour aux religions institutionnelles? La laïcité des Etats ne serait pas menacée, par contre la sécularisation des m¦urs pourrait l'être. (Ce point fort intéressant n'a pas été développé.)
J. Vernette évoque Malraux dont il cite trois affirmations
authentiques: "Le problème religieux redeviendra capital à la
fin du siècle. Je n'exclus pas la possibilité d'un événement
spirituel à échelle planétaire. Le XXIième siècle
sera mystique."
Il illustre la première de ces trois affirmations en évoquant
le retour du religieux en réaction à "un matérialisme
qui n'a pas tenu ses promesses", la multiplication des groupes religieux (chaque
année plus de 1000 déclarations au JO d'associations "loi de
1901" à projet religieux), le "succès" des JMJ en août 1997; il évoque "l'éclectisme
individualiste" des consommateurs dans le "supermarché du religieux".
Pour illustrer la deuxième citation, il nous fait un cours sur le "Nouvel
Age" qui visiblement le fascine, qui représenterait une "mutation psychique
profonde", et auquel il a consacré un livre (chez P. Téqui éd.,
1990).
A propos de la troisième citation il évoque la revanche
de l'affectif et de la spiritualité sur le rationel, le besoin de
paix intérieure, l'attrait de la religion comme thérapie, le
désir de réincarnation. Pour conclure sur la distinction entre
bons et mauvais mouvements religieux: "la religion peut servir à tout,
à fabriquer du nazisme et du stalinisme, du maoïsme [...]" par
contre il insiste sur "ce réveil de la pulsion religieuse constitutive
de l'homme, qui est devenue anarchique, et nous ouvre le champ du XXIième
siècle qui sera celui du discernement."
P. Eyt formule "le voeu, l'espérance et la prière" que le XXIième siècle soit laïque: "La laïcité devra appartenir au bien commun de toutes les nations". Il précise que la laïcité consiste en la "connaissance réciproque plurielle", "l'accueil des autres et des migrants quelque soit leur religion", la "générosité des engagements publics et individuels contre le chômage, la précarité, l'exclusion, le sous-développement", la "priorité du politique sur l'associatif et de l'utilité générale sur le bien particulier, du bien commun garanti par l'Etat sur la dissémination des intérêts partiels, catégoriels, momentanés ou locaux". Il plaide pour la liberté religieuse et la collaboration des croyants en tant que croyants, aux objectifs politiques. Il ne veut pas de "laïcité par silence, par camouflage, par refoulement de la mémoire, et a fortiori, par exclusion de ce qu'[il] croi[t] être une donnée fondamentale de la condition humaine, à savoir son aptitude et son désir religieux." "Le XXième siècle [aura été celui] de la dénonciation du soi-disant opium du peuple remplacé par les camps et la guerre totale. Le XXIième siècle échappera à la même fatalité que celui qui s'achève si la laïcité prend véritablement sa place dans nos sociétés." C'est sur la liberté religieuse que se sont construites les démocraties, et il faut permettre "sans privilège ni discrimination la proposition et la pratique de la foi catholique". Il incite à la vigilance "contre un consensus mou sur la laïcité laissant place aux extrêmes, y compris à l'intérieur du catholicisme, et possibilité de conquérir une influence absolue d'un certain point de vue du catholicisme sur la société" aussi bien que contre ceux qui s'opposent à "une simple évocation des principes du magistère". Il conclut par un appel à la liberté religieuse et à la tolérance.
B. Etienne aime les formules: "Ni Dieu ni le marxisme ne sont
morts". "La sainteté ça rapporte; il y a une mondialisation
du marché du religieux." "Le XXIième siècle ne sera pas
laïque: il sera religieux, tribal, clanique, mystique, intégriste,
nomade, mais certainement pas communautariste." Pour appuyer cette affirmation
il mentionne la "mondialisation des objets, la tribalisation des sujets, et
leur nomadisation forcenée." "Il n'y aura plus d'Etats, de nations,
de prêtres, de laïcs." Nous assisterions actuellement à
une dérégulation institutionnelle des églises aussi bien
que des Etats.
"Et si l'effritement des vieilles structures, au lieu de nous conduire
à devenir des intégristes laïcards, défendant des
bastilles vides, nous appelait avant tout à la création de nouvelles
modalités de l'être-ensemble, sur des valeurs qui ne correspondent
pas à celles qui ont fait que petit-fils de paysan je suis professeur
d'université [...] ?" D'où la nécessité de nouvelles
structures pour répondre à de nouveaux défis. Il cite
le développement des régions au détriment des Etats
comme réponse identitaire à la mondialisation économique.
Il indique que la large publication des textes (tels que les manuscrits de
la Mer Morte) ôterait du pouvoir aux "spécialistes de l'interprétation"
et donc aux institutions religieuses, d'où la disparition en vue de
la distinction clerc-laïc; en ce sens les musulmans de France seraient
en avance sur tout le monde, du fait qu'ils n'ont pas créé d'institution
religieuse structurée.
H. T. pose le problème de "la capacité des institutions,
de l'Etat et des églises, à garantir une laïcité
qui permette la liberté religieuse." Il invite les orateurs à
compléter leurs interventions.
P. E. évoque la famille, s'oppose au point de vue de B.E.
sur le dépérissement de l'Etat, cite J. Delors qui pensait que
la laïcité serait un obstacle au développement de l'Europe
dans le domaine éducatif.
J.-L. S. envisage le retour possible d'une demande d'autorité,
et affirme qu'il n'y a de vraie liberté que dans le cadre d'une morale
définie par des autorités.
J.V. plaide pour l'enseignement des religions à l'école
qui prémunirait les enfants contre l'influence des sectes et B.E.
mentionne un projet (favorablement considéré par le Ministère)
de création à Lyon d'une Faculté de Sciences Religieuses
en vue de préparer une agrégation dans cette discipline.
J.-L.S. évoque les "sectes dangereuses" dont le contrôle
est du ressort de la justice.
Il ne reste du temps que pour quatre questions de la salle: deux questions
techniques sont posées sur les effectifs des religions, des sectes
et des athées (B.E. prétend que presque personne n'est
vraiment athée et cite à ce sujet les nombreuses cérémonies
religieuses de mariage et d'enterrement); une observation critique sur le
débat qui ne s'est occupé que du futur des religions et non
de celui de la laïcité reste sans réponse; une dernière
intervention, émanant d'un "citoyen laïque" pose la vraie question:
"Que faut-il faire pour que le XXIième siècle soit laïque?"
et rappelle que la laïcité est le seul rempart contre le cléricalisme,
l'intégrisme et les sectes; aucune réponse n'est donnée.
Mes commentaires
Ce débat est caractéristique d'une présentation
aussi courante que fallacieuse de la laïcité et de notions connexes
relatives à la citoyenneté.
A ce dernier titre, je citerai le texte de présentation du thème
du festival par son président, A. Rousset, maire (P.S.) de Pessac:
"... la trilogie républicaine -- Liberté, Egalité, Fraternité
-- ne répond-elle pas, comme en écho, aux vertus théologales,
la Foi, l'Espérance et la Charité?" Il n'y a aucun rapport
entre la Liberté et l'Egalité d'une part, qui définissent
la position du citoyen dans la société, et l'Espérance
et la Foi d'autre part, qui caractérisent la soumission du croyant
à des dogmes; il est fréquent de voir rapprocher la Fraternité
de la Charité mais celle-ci est une relation assymétrique,
qui implique la supériorité de celui qui donne sur celui qui
reçoit, contrairement à la Fraternité (ou à la
Solidarité) qui met tout le monde sur un pied d'égalité.
Cet "écho" s'inscrit dans les tentatives de récupération
par l'Eglise Catholique des valeurs laïques. Elle cherche ainsi à
faire oublier que son soutien à Pétain en 1940 était
motivé en particulier par l'esprit de revanche sur la République
et les lois de laïcisation (celle de 1905 en particulier; on lira, par
exemple dans l'ouvrage récent de A. Lacroix-Riz,
des exemples des déclarations d'évêques français
en 1940 qui se sont réjouis de la défaite de la France, vue
comme punition contre "l'école sans Dieu").
Pour en revenir au débat, on a pu y entendre toutes sortes d'approximations
calculées et de détournements terminologiques. Dans les propos
de P.E., on trouve un écho (un vrai) des propos de J.M. Lustiger
selon lesquels le nazisme et le stalinisme seraient les conséquences
de la philosophie rationaliste du Siècle des Lumières.
L'antirationalisme est un trait dominant des discussions sur le retour
du religieux. On y trouve les "implications" suivantes: Rationalisme ==>
Matérialisme ==> Insatisfaction, preuve de l'échec du rationalisme
==> nécessité de la religion pour remédier au manque
de "sens de la vie". Une confusion est faite entre plusieurs sens du mot "matérialisme":
le matérialisme est un concept philosophique (qui a au moins
deux utilisations: matérialisme fondateur de la méthode scientifique
de Diderot, et matérialisme historique ou dialectique de Marx) à
ne pas confondre avec le matérialisme "vulgaire", c'est-à-dire
le mépris de la culture, de l'art et le seul souci des biens matériels
et de la consommation. Quant à l'insatisfaction contemporaine et la
"quête du sens" qui justifieraient le retour du religieux, on cache
soigneusement que la source principale de l'angoise contemporaine est la
crainte du chômage et la dégradation des conditions de travail
et de vie, qui sont les conséquences directes du capitalisme libéral
en vigueur actuellement. La religion est donc bien cet "opium du peuple"
(en prenant peuple au sens le plus large, toutes classes sociales confondues)
que l'on cherche à conforter.
Aucun intervenant ne s'est inquiété de la montée
de l'irrationalisme, favorisé par le commerce ("la sainteté,
ça rapporte", remarquait B.E.), avec la complicité interessée
des médias et d'intellectuels. Au contraire, J.V. a présenté
sous un jour favorable le "Nouvel Age", qui n'est qu'un syncrétisme
à finalité commerciale de toutes sortes d'obscurantismes (astrologie,
réincarnation, dialogues avec les morts, bouddhisme de supermarché,
pseudo-écologie qui ignore les causes économiques et politiques
des atteintes à l'environnement, etc...), comme un "événement
spirituel planétaire". D'un point de vue philosophique, il est impossible
de distinguer une religion d'une superstition, toutes étant néanmoins
"des illusions productrices d'effets sociaux" comme l'a rappellé B.E..
Oui, le discernement est plus que nécessaire dans un monde où
les "idées" sont objets de commerce. D'où la nécessité
de fonder l'enseignement sur la pensée rationnelle et critique, et
de maintenir l'Ecole hors des influences dogmatiques, ce qui ne veut pas dire,
au contraire, ignorer les effets culturels, politiques et sociaux des religions.
Au cours du débat, P.E. est le seul à avoir souhaité
que le XXIième siècle soit laïque. Mais il semblait surtout
soucieux de "liberté religieuse": de fait la liberté de culte
n'est pas menacée, et il plaidait en termes voilés pour l'enseignement
de la religion (la "proposition de la foi"), plaidoyer repris explicitement
par J.V. et B.E.. Mais la laïcité n'a pas à
être "inventée" ni redéfinie; son principe fondamental
est que la pratique et l'enseignement religieux doivent être cantonnés
au milieu familial. D'autre part, P.E. n'a pas mentionné la
nécessaire séparation des pouvoirs politique et religieux, que
le Saint-Siège piétine ouvertement lorsqu'il milite contre le
droit au divorce là où c'est possible (en Irlande par exemple
lors d'un récent référendum) et contre le droit à
l'avortement partout ailleurs. Dans 50 ans, quand la laïcité se
sera imposée, le futur pape fera peut-être "repentance" pour
les prises de position antilaïques de ses prédécesseurs.
Quant à la réponse à la question "Que faut-il faire
pour que le XXIième siècle soit laïque?", des réponses
ont été données par E.Pion (Président du
Mouvement Europe & Laïcité)
devant 120 personnes, une semaine plus tard dans sa conférence publique
du 28 novembre à Bordeaux ("Une Europe Laïque est-elle possible?",
indépendante du festival de Pessac): concertation dans des cadres nationaux
et internationaux des nombreuses organisations laïques qui s'ignorent
trop souvent, travail en commun sur des textes, information sur les nombreuses
actions locales laïques, en France et à l'étranger, ignorées
des médias (contrairement aux grandes foires religieuses telles que
les JMJ), organisation d'un colloque européen
sur la citoyenneté.
Deux autres débats
Du débat, très savant, sur les intégrismes (et les notions connexes de fondamentalisme et d'intégralisme) qui affectent les diverses religions "du Livre", je ne citerai que quelques éléments ayant trait principalement à la laïcité. Selon B. Etienne, "le XXIième siècle sera charismatique, mystique, sectaire, tribal", la laïcité "à la française" est issue d'un contexte politique très particulier, impossible à retrouver, ce qui en fait un modèle "inexportable". Pour ce qui est de l'Europe, on irait "vers une reconnaissance officielle par les Etats des églises reconnues" (comme en Allemagne ou en Hollande) et non vers la généralisation de la séparation définie dans la loi française de 1905. Dans les pays musulmans, on peut envisager au mieux une "sécularisation" à défaut d'une véritable laïcité. "Y a-t-il une Loi au dessus des lois?", les lois votées par les parlements démocratiquement élus doivent-elles avoir un fondement religieux? La contestation du droit à l'avortement montre que, même en France, cette question n'est pas tranchée et que la laïcité n'est pas définitivement établie. Pour Jean-Luc Allouche de Libération, les sectes seront "le phénomène de demain", reflet du désir de loi et en même temps de fraternité. Evoquant les JMJ, il a fait un "mea culpa journalistique" évoquant l'embarras et l'incompréhension des journalistes de Libé face à l'évènement, due au fait qu'ils seraient tributaires d'une vision laïque militante qui les aurait empêchés d'apprécier à sa juste valeur l'expression d'une "religiosité souterraine".
Le débat Laïcité, version française
organisé par le mensuel L'Histoire, a fait intervenir G.
Coq (Professeur de philosophie, auteur de "Laïcité et République,
le lien nécessaire", éd. du Félin, 1995), F. Dubet
(Professeur de sociologie), R. Rémond (historien et académicien
pontifical) et J.-N. Jeanneney (Professeur, ancien secrétaire
d'Etat). Pour F.D., la distinction entre enseignement public et enseignement
privé ne serait plus pertinente car l'enseignement privé est
largement subventionné et de moins en moins confessionnel alors que
l'enseignement public adopte de plus en plus une logique de concurrence. Pour
G. C., c'est l'idée républicaine qui doit remplacer la
religion comme facteur idéologique de cohésion sociale. A propos
du foulard islamique, il critique le Conseil d'Etat qui, par ses avis laxistes,
a bafoué la Convention Internationle des Droits des Femmes. J.-N.
J. s'exprime contre le communautarisme: la reconnaissance officielle
des communautés nie le citoyen et attache aux personnes des identités
réductrices ("juive" ou "gay" par exemple). R.R. considère
que la loi de 1905 aurait été "enrichie" par son application
depuis 90 ans; la séparation secteur public/secteur privé n'est
pas nette comme en 1905: une multitude d'associations forme un troisième
pôle que la démocratie se doit de reconnaître; l'Etat
subventionne énormément de secteurs (culture, sport, et même
religions par le biais des déductions fiscales) et donc pourquoi pas
l'enseignement privé qui est une composante du service public?
Des auditeurs protestent contre le fait que plusieurs éléments
importants aient été occultés par les intervenants: les
lois Debré de 1959 (et celles qui l'ont suivie) ont puissamment aidé
l'enseignement privé et affaibli par contre-coup l'enseignement public;
l'Eglise Catholique n'a pas vraiment accepté la laïcité
comme le montre son opposition militante au droit à l'avortement; "l'enrichissement"
de la loi de 1905 et le soutien massif à l'enseignement privé
sont autant de trahisons du principe de laïcité, inscrit pourtant
en tête de la Constitution.
Conclusion
Ces trois débats ont été suivis par un public nombreux
et attentif. Les intervenants ont mis l'accent sur les évolutions récentes
de la place des religions dans le monde contemporain et sur ce qui empêche
"l'exportation" du modèle laïque français, voire même
son maintien en France. Rien n'a été dit sur les avancées
laïques observées récemment dans certains pays étrangers
(Irlande, Pologne par exemple, avec malheureusement un retour de bâton
très récent) ni sur les possibilités concrètes
de défense de la laïcité. Un peu comme la mondialisation
économique et commerciale, le déclin de la laïcité
institutionnelle serait inévitable.
Les défenseurs de la laïcité étaient dans le
public et non sur la tribune.