4 mars 1999.
A l'occasion de l'an 2000 et du jubilé catholique correspondant décidé par Jean-Paul II, la propagande catholique va déferler, avec l'appui, malheureusement, des pouvoirs publics de pays réputés laïques tels que la France. Pour le suivi de cette propagande et surtout, de la contre-propagande qu'elle va susciter, du moins je l'espère, voir ma page An 2000.
Le but de cette note est de mettre en lumière la "logique" sous-jacente à la propagande catholique en direction de l'opinion publique et des gens de "gauche" si tant est que ce terme continue à avoir un sens. Il s'agit de la comprendre pour la réfuter à bon escient, avec des arguments raisonnables.
Mon propos est d'examiner les liens entre les éléments suivants:
A: l'ensemble des dogmes catholiques: création du monde, péché originel, trinité, paradis, enfer, transubstantiation, conceptions virginale ou "immaculée", etc...,
B: la doctrine catholique en matière de Droits Humains (lesquels sont enfin reconnus, voir annexe 2), contre la misère, la torture, les salaires dérisoires, les guerres, et que de nombreuses associations s'efforcent de faire appliquer,
C: une doctrine en matière de droits individuels et de moeurs, hostile à l'union libre, à la possibilité du divorce, à la contraception, au droit à l'avortement, à l'euthanasie, etc...,
D: les nombreuses repentances relatives à un lourd passé,
E: une doctrine en matière de relations avec la communauté scientifique.
Les dogmes (A), pleins d'absurdités et de contradictions, n'intéressent plus personne sauf quelques théologiens payés pour tenter de les rendre acceptables au monde actuel. Néanmoins, les doctrines B et C sont fondées sur A.
Un large consensus existe sur les positions concernant les Droits Humains (B), qui déborde très largement le monde catholique. Mais comme l'église catholique fonde cette doctrine sur ses dogmes (et non sur la Raison et les valeurs humanistes et laïques), elle s'appuit sur l'acceptation très large de B pour tenter de faire accepter A. Et comme A fonde C, qui accepte A devrait aussi accepter C.
C'est ainsi que j'analyse, dans ses grandes lignes, le fonctionnement de la propagande catholique. Bien sûr, ça ne marche pas tout seul. En particulier, beaucoup de catholiques refusent C. En fonction du contexte médiatique, le pape parle plutôt de B (par exemple à Paris lors des JMJ de 1997) ou de C (par exemple aux Etats-Unis, en 1999). Quoiqu'il en soit, cela fait donc au moins deux raisons de refuser A: son absurdité intrinsèque et ses conséquences C.
Examinons de plus près la doctrine catholique en matière de Droits Humains, qu'elle a fini par reconnaître (annexe 2). On ne peut que se réjouir de voir le Saint-Siège soutenir (en paroles) les ONG qui luttent contre la torture, les violences policières, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Elles jouent un rôle très important, tant au niveau de l'aide aux individus que de la modification des législations et de l'opinion publique vis-à-vis de ces questions. Malheureusement, le Saint-Siège tient un double langage. Il béatifie A. Stepinac, complice des oustachis croates de 1941 à 1944, il défend "discrètement" Pinochet, (voir l'annexe 1 ci-dessous). Les bruyantes déclarations en faveurs des Droits Humains, et récemment contre la peine de mort, sont des coups médiatiques, des leurres, destinés à masquer une diplomatie beaucoup plus ambigüe.
En ce qui concerne l'aide sociale, le rôle à long terme des associations caritatives est beaucoup plus contestable. Si la valeur de l'aide ponctuelle qu'elles apportent est certaine, elles contribuent dans les faits à cautionner le système économique libéral. De grandes entreprises les subventionnent bruyamment et continuent à faire des profits des centaines de fois supérieurs aux dons sur le dos de leurs salariés, et à agir politiquement pour le maintien de politiques économiques créatrices de chômage et de misère. Mettre l'accent sur l'humanitaire et le caritatif conforte le libéralisme, fondement du capitalisme en détournant l'attention des sources de la misère et de l'exploitation. C'est au contraire sur l'affaiblissement des droits sociaux, sur la nécessité des services publics, sur le pouvoir sans contrôle démocratique fondé sur la propriété privée et sur les monopoles qu'il faut attirer l'attention.
La doctrine sociale de l'église, définie par le pape Léon XIII à la fin du XIXième siècle avait, et a toujours pour objectif, de lutter contre le socialisme en proposant une troisième voie, corporatiste, entre le libéralisme intégral et le socialisme. D'où le soutien du Saint-Siège à Pétain, à Mussolini, à Salazar.
Faut-il rappeller l'opposition traditionnelle de l'église catholique aux principes démocratiques de 1789 (voir annexe 2), aux Droits Humains (qu'elle accepte depuis peu en les subordonnant aux "Droits de Dieu"), aux valeurs laïques (déclaration des évêques de France de 1925, soutien à Pétain en 1940, hostilité à l'école laïque)? Le Saint-Siège s'est engagé en Amérique du Sud, aidé par l'Opus Dei, aux côtés des régimes les plus réactionnaires et contre les "théologiens de la Libération", après avoir soutenu Franco, les oustachis croates, et même Hitler en signant un concordat en 1933 et en ne faisant quasiment rien pour s'y opposer.
Le ralliement de l'église catholique aux Droits Humains se fait bruyant de manière à empêcher le rejet pur et simple du dogme (A), à camoufler une pratique actuelle qui leur est souvent hostile, et à faire oublier une opposition de plus de 150 ans (voir Annexe 2).
Examinons maintenant les repentances (D).
Le passé de l'église catholique est très lourd, évalué par rapport aux critères actuels. Il est évidemment gênant pour une institution qui se prétend la même depuis 2000 ans, et inspirée au moins au plus haut niveau, par le "Saint-Esprit".
Si l'on considère au contraire que l'église catholique est une force politique parmi d'autres, dirigées par des hommes ni meilleurs ni pires que leurs contemporains, il n'y a pas lieu de faire un cas spécial de l'Inquisition, de l'aide aux colonisateurs et esclavagistes ou de la Saint-Barthélemy. Tout cela prouve simplement la non-existence du "Saint-Esprit" (preuve par l'absurde comme disent les mathématiciens).
Il faut donc refuser d'accepter les repentances. Leur accorder la moindre valeur correspond à accepter une démarche religieuse, c'est reconnaître à l'église catholique une existence politique supérieure à celle des régimes mis en place par des hommes, c'est conforter son projet de nouvelle évangélisation.
Les repentances concernant le passé lointain, par exemple l'Inquisition, constituent un leurre. En mettant l'accent sur des conduites passées, injustifiables maintenant, l'église catholique ne fait que reconnaître une évolution nécessaire, et détourne l'attention de compromissions récentes et gênantes. La repentance concernant la Shoah relève du négationisme: l'église reconnait des torts a minima, mais continue de rejeter la responsabilité du génocide sur "l'athéisme", le "paganisme", et le matérialisme philosophique issu du XVIIIième siècle. Comme si la Shoah n'était pas la conséquence de plus de 1000 ans d'enseignement chrétien antisémite!
Il ne s'agit pas, pour nous rationalistes, d'oublier le passé mais de le connaître objectivement, et de refuser l'exploitation religieuse qui en est faite couramment, selon laquelle seule la religion peut protéger de nouveaux génocides.
Examinons la doctrine catholique en matière scientifique.
Il y a contradiction entre les dogmes A et la démarche scientifique, contradiction que les théologiens s'emploient à camoufler. Les contenus scientifiques et théologiques évoluent: chaque avancée scientifique oblige l'église à revoir ses dogmes, ce qu'elle fait éventuellement avec un grand retard, par exemple en ce qui concerne l'évolution.
Par contre, même à l'époque où l'église dominait l'idéologie, aucune évolution du dogme n'a jamais conduit à une avancée scientifique.
La connaissance scientifique ne sera jamais complète. Les travaux récents, en Physique, sont d'accès intrinsèquement difficile. Dans d'autres domaines, en Histoire ou en Sciences Humaines, les certitudes absolues sont à jamais impossibles. Enfin la Science ne peut répondre à des questions telles que: "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?" (Heiddeger).
La théologie cherche à s'infiltrer dans ces fissures de la connaissance scientifique, où elle rencontre ce faisant la concurrence des sectes et des "spiritualités du Nouvel Age". D'où l'importance du "dialogue Science et Foi", qui intéresse peu la majorité des scientifiques mais intéresse beaucoup les médias (et les scientifiques qui aiment la notoriété télévisuelle), et participe d'un obscurantisme qui ne semble pas régresser.
Annexe 1: "Démarches discrètes" de l'Eglise catholique en faveur de Pinochet
Santiago du Chili, 29.12.1998 (AFP) - Le cardinal chilien Jorge Medina, qui exerce au Vatican les fonctions de préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, a reconnu que l'Eglise catholique effectuait des "démarches discrètes" en faveur de la libération du général Pinochet, détenu depuis deux mois et demi à Londres. "Il y a eu des discussions à tous les niveaux sur ce problème et nous espérons que ces démarches discrètes auront un bon résultat", déclare le cardinal dans une interview publiée mardi par le journal La Cuarta de Santiago. La détention du général Pinochet depuis le 16 octobre "constitue une humiliation pour la souveraineté nationale" que l'Eglise "déplore", a affirmé le prélat, de tendance conservatrice. "J'ai prié et je prie encore pour le sénateur Pinochet, comme je prie pour toutes les personnes qui ont souffert", a-t-il encore dit.
Le nonce apostolique au Chili, Piero Biggio, a pour sa part apporté son soutien, lundi, à la position du président chilien Eduardo Frei, qui estime qui l'ex-dictateur bénéficie de l'immunité diplomatique et s'oppose à son extradition de Grande-Bretagne, comme le demande la justice espagnole [...] Le vice-ministre chilien des Affaires étrangères, Mariano Fernandez, s'était rendu à Rome début novembre pour s'entretenir avec le Secrétaire d'Etat du Vatican, le cardinal Angelo Sodano, qui fut nonce apostolique au Chili entre 1977 et 1989, sous la dictature militaire.
Le ministre des Affaires étrangères du Vatican, Mgr Jean-Louis Tauran, avait pour sa part déclaré le 4 novembre que le Vatican n'interviendrait pas dans l'affaire Pinochet.
Libération, 20/21 février 1999: Le Saint-Siège a reconnu hier avoir conduit, en novembre, une "démarche diplomatique" à la demande du gouvernement chilien, quelques semaines après l'arrestation à Londres de l'ex-dictateur A. Pinochet. Le Vatican a refusé de révéler la teneur de sa représentation, mais a indiqué qu'elle n'émanait pas du pape lui-même [lâche et faux-cul!]. Selon les défenseurs britanniques de Pinochet, qui ont fait état jeudi de la démarche du Saint-Siège, le pape aurait souhaité que le dictateur puisse retourner au Chili sur des bases humanitaires (sic!) et avec le souci que ne soit pas mise en danger la réconciliation nationale.
Dans Golias no 63, novembre 1998, on peut lire un bilan édifiant des relations du Vatican avec les dictateurs sud-américains:
Mgr Francisco Javier Errazuriz, archevêque de Santiago du Chili a déclaré, selon La Vie que "les arrestations de Pinochet étaient moins choquantes que son arrestation à Londres".
Mgr. Sodano, était nonce au Chili quand Pinochet régnait en maître et il entretenait avec lui d'excellentes relations, au point de lui envoyer, bien après la fin de la dictature une lettre de félicitations pour l'anniversaire de son mariage. A son départ du Chili, il reçut au cours d'un repas offert par Pinochet la "Grand-Croix de l'ordre du mérite" du Chili.
Mgr. Medina, futur archevêque de Valparaiso un fervent pinochetiste, inconditionnel jusqu'à la complicité, a toujours été un adversaire zélé de la théologie de la libération.
Mgr. Lopez Trujillo, un colombien, fut, lui aussi, de tout temps un adversaire déterminé de la théologie de la libération et de tous les combats pour la démocratie. Pendant les périodes troublées en Amérique latine, il marcha main dans la main avec la CIA. Il est aujourd'hui au Vatican président du Conseil pontifical pour la famille.
Mgr. Moreira Noves, brésilien, fut rapatrié d'urgence au Vatican par Paul VI, au temps où sa complicité avec la dictature brésilienne l'avait fait honnir du peuple. Il est aujourd'hui le nouveau patron de la Congrégation des évêques.
Mgr. Pio Laghi, italien, se mouilla jusqu'au cou avec la dictature argentine lorsqu'il était nonce à Buenos Aires. Le collectif des "mères de la Place de Mai" a déposé contre lui une plainte devant la justice italienne. Il est aujourd'hui responsable de la Congrégation pour l'éducation catholique.
A. Pinochet reste pour eux le modèle du chef d'Etat, pour son sens de l'"ordre social" et de l'"ordre moral", pour son culte de l'obéissance imposée au peuple, pour sa haine de la démocratie, pour son amour d'une église collaboratrice.
Annexe 2: Les Droits Humains et l'église catholique.
L'église a fini par se rallier en 1965 (discours de Paul VI à l'ONU) aux Droits Humains. Citations:
"la notion monstrueuse des droits de l'homme", "la liberté sans frein prônée par la philosophie détestable des droits de l'homme", Pie VI, 1791.
Que "Chaque homme est libre d'embrasser et de professer la religion qu'à la lumière de la raison il aura jugée vraie" est stigmatisé comme une des "erreurs principales de notre temps" par le Syllabus (Titre III, 15) de Pie IX, 1864; ce texte refuse les principes de base de la laïcité;
En 1948, l'Osservatore Romano, organe de presse du Vatican, critique le fait que la DUDH ne décrive pas les droits humains comme fondés sur la loi divine.
(Informations tirées de: "Droits de l'homme: qu'en fait l'église?", Notre Histoire, no 156, 1998).
Un extrait de l'encyclique [pleurnicharde] Mirari Vos de 1832:
"De cette source infecte de l'indifférentisme découle cette maxime absurde et erronée, ou plutôt ce délire, qu'il faut assurer et garantir à qui que ce soit la liberté de conscience. On prépare la voie à cette pernicieuse erreur par la liberté d'opinions pleine et sans bornes qui se répand au loin pour le malheur de la société religieuse et civile, quelques uns répétant avec une extrême impudence qu'il en résulte quelque avantage pour la religion...
Là se rapporte cette liberté funeste et dont on ne peut avoir assez horreur, la liberté de la librairie pour publier quelque écrit que ce soit, liberté que quelques-uns osent solliciter et étendre avec tant de bruit et d'ardeur.
Nous sommes épouvantés, vénérables frères, en considérant de quelles doctrines ou plutôt de quelles erreurs monstrueuses nous sommes accablés, et en voyant qu'elles se propagent au loin et partout par une multitude de livres et par des écrits de toute, qui sont peu de chose pour le volume, mais qui sont remplis de malice, et d'où il sort une malédiction qui, nous le déplorons, se répand sur la surface de la terre."
Voir aussi le livre de R. Joly, l'intolérance catholique, cité dans ma bibliographie.
Annexe 3: L'argumentaire des "humanistes" qui n'osent pas critiquer les religions.
Il est particulièrement attristant qu'un ministre (JP Chevénement) reprenne à son compte la propagande cléricale selon laquelle les Droits Humains et les principes de Liberté d'Egalité et de Fraternité seraient des "valeurs chrétiennes laïcisées", alors qu'elles ont été imposées contre l'église catholique, toujours solidaire des pouvoirs en place contre les tentatives d'émancipation des individus.
On trouve tout et son contraire dans les écritures réputées saintes et dans les innombrables commentaires qui en ont été faits. Sans doute n'y trouve-t-on pas que des absurdités. Mais la rengaine des "valeurs chrétiennes laïcisées" est une récupération opportuniste qu'il faut dénoncer.
Parmi les arguments que nous entendrons ressasser, il y celui-ci: "si les hommes croient, c'est qu'ils en ont besoin, donc laissons les croire". Un avatar fin de siècle du fameux "Il ne faut pas désespérer Billancourt." De même Voltaire ne s'est pas couvert de gloire en affirmant que la religion devait être enseignée pour que son tailleur ne le vole pas.
Bien que les dogmes n'intéressent personne, les religions apparaissent comme une barrière nécessaire:
* contre les totalitarismes, politiques et économiques,
* contre le désespoir personnel face aux difficultés de l'existence.
Si l'on regarde de près, on s'aperçoit que ces barrières sont plutôt fragiles. Les religions soutiennent des totalitarismes (régimes intégristes, dictatures) et causent ou attisent les conflits identitaires. Elles s'opposent aux droits individuels (avortement, euthanasie, union libre, blasphème) et visent à enfermer les gens au moyen de doctrines figées plutôt que de les laisser prendre en main leurs choix existentiels.
Annexe 4: Le diable est parmi nous!
Vatican, 26 janvier - Le Vatican a annoncé mardi que l'Eglise avait mis à jour le rituel d'exorcisme, pour la première fois depuis 1614, et saisi l'occasion pour rappeler aux fidèles que le Diable n'était pas une notion abstraite mais une réalité.
"Nous savons qu'il y a des catholiques inadéquatement élevés dans la Foi qui doutent de l'existence du Diable. Dans ce cas, il s'agit d'une défaillance grave dans la formation religieuse", a déclaré le cardinal J. A. Medina Estevez, chef de la Congrégation pour le culte divin et la discipline sacramentaire.
"L'existence du Diable n'est pas une opinion que l'on peut épouser ou rejeter à son gré. Elle est partie intégrante de la foi et de la doctrine catholiques. Une personne qui prétend que le Diable n'existe pas n'est plus dans la plénitude de la Foi catholique", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse. Celle-ci avait pour but de présenter le nouveau manuel d'exorcisme, un
ouvrage en cuir rouge relié de 84 pages en latin utilisable par tous les exorcistes dûment désignés par les évêques à travers le monde.
Les versions en diverses langues étrangères de ce nouveau manuel entièrement en latin ne sont pas encore disponibles mais le cardinal Estevez a souligné que cela n'avait pas d'importance car "le Démon comprend le latin" et que les exorcistes autorisés peuvent donc commencer à travailler "dès ce soir".
Mgr Estevez a toutefois souligné que les véritables cas de possession du corps humain par le Diable étaient "plutôt rares" mais que les maux du monde actuel prouvaient sans l'ombre d'un doute que Satan était toujours à l'oeuvre. "La stratégie du Démon est de convaincre les gens qu'il n'existe pas. De telle façon qu'il peut agir à sa guise."
Retour à l'an 2000 (après ce détour par l'obscurantisme).
Sommaire |
de sites sur l'Internet |
|