Note biographique sur Léo Taxil


Cette note a été préparée à l'aide d'un article de F. Hervieu: Catholiques contre francs-maçons, l'extravagante affaire Léo Taxil, L'Histoire, numéro 145, Juin 1991, pp. 32-39 et de deux articles de Ch. Goujard parus dans la Libre Pensée Girondine, numéros 24 et 25, 1991.

"Léo Taxil" est un pseudonyme de Gabriel-Antoine Jogand-Pagès, 1854-1907.

Sa vie comporte quatre périodes: 1) en 1858 il est placé chez les jésuites; 2) à partir de 1868 il se révolte contre eux et sa famille; il édite des revues anticléricales; 3) en 1885 il revient à l'église catholique et publie des textes très violents contre la République, les francs-maçons, les libres-penseurs; 4) en 1897, nouveau revirement: il affirme s'être moqué de l'église pendant 12 ans et publie à nouveau des textes anticléricaux.

Activités et publications:

En juin 1868, la lecture du premier numéro de "La Lanterne" de H. Rochefort le décide à devenir journaliste libre-penseur. Il s'enfuit en Belgique avec son frère pour retrouver H. Rochefort mais il est "coincé" et placé un an en maison de correction.

De 1871 à 1884 il publie dans des journaux républicains; il est condamné à 8 ans de prison en 1876 pour diffamation à l'égard de religieux, mais il s'enfuit à Genève; il revient en France en 1878 à la faveur d'une amnistie; en 1879 il fonde la "Librairie Anticléricale" rue des Ecoles à Paris, et publie de nombreux livres dont:

Calotte et Calotins (Histoire illustrée du clergé et des congrégations; 1880),
Les bêtises sacrées, revue critique de la superstition (1880),
Les Amours secrètes de Pie IX (1881),
La Bible amusante (1882),
La Confession et les Confesseurs, les livres secrets des confesseurs dévoilés aux pères de famille (1883),
Les crimes du haut clergé empoisonneur (1883).

En 1881, il est exclu du Grand Orient de France dont il était membre. Il se présente aux élections législatives à Narbonne (contre un candidat franc-maçon) sur un programme de séparation de l'Etat et des religions, de nationalisation des biens ecclésiastiques, de liberté d'association, de reconnaissance des syndicats. Il crée des groupes de Libre-Pensée en France et en Algérie. Il est également condamné pour "Les Amours secrètes de Pie IX".

En 1885 il "revient à l'Eglise". De 1885 à 1896 il publie de nombreux ouvrages contre les francs-maçons dont la "Liste alphabétique des francs-maçons, 16 000 noms dévoilés". Ces ouvrages ont un grand succès, et certains sont traduits en plusieurs langues. Certaines informations sur les francs-maçons seront utilisées contre eux par le gouvernement de Vichy.
Il publie aussi les "Confessions d'un ex-libre-penseur".
En 1892 il fonde le journal "La France Chrétienne Antimaçonnique".
Il publie "Le diable au XIXième siècle" de 1892 à 1895, une revue créée pour dénoncer la franc-maçonnerie "luciférienne". Il invente les "témoignages" de Diana Vaughan, (prétendue américaine), sur la magie noire des francs-maçons.
En 1894 il va au Vatican se faire bénir par Léon XIII. Le Vatican créée une commission pour étudier "l'affaire Vaughan".

En avril 1897, il révèle la supercherie de sa "conversion"; jusqu'à sa mort il réédite d'anciens travaux anticléricaux, cherche à se justifier de sa période cléricale dans "Les cocasseries de la foi", sans parvenir à convaincre.

Voir sa "Marseillaise anticléricale" dans mon anthologie.
Retour et courrier.
Retour à l'entrée du musée.Merci de vos commentaires ou précisions. Je suis acheteur d'oeuvres anticléricales de L.Taxil (autres pseudonymes: Dr. Bataille, Diana Vaughan, Carlo Sebastiani Volpi)